500 Kilomètres à cheval pieds nus

…les aventures de randonnée en France

Denthistoire

Vendredi c’était le tour de Vermeil de recevoir les soins de Vanessa, la dentiste (“technicienne dentaire”, comme il faudrait dire maintenant). La sédation est de rigueur avec les nouvelles méthodes de travail de Vanessa, ce qui lui permet une approche plus fine et mieux ciblée. C’est aussi plus confortable pour le cheval qui n’apprécie guère les vibrations sur les dents, en particulier les incisives, ni la durée de l’opération.

Vanessa commence par examiner, avec l’aide d’un écarteur de joue, l’ensemble de la bouche: les blessures éventuelles sur les joues et la langue, l’alignement des incisives, l’arcure (ou arqûre) des (pré-)molaires, la présence de caries, de tartre, de larves de gastrophiles…

Un gastrophile

Une fois l’inspection faite, vient le moment des corrections: d’abord les incisives puis les molaires et prémolaires. Elle élimine les surdents, pointes blessantes pour les muqueuses, s’il y en a, elle meule les dents trop longues, pour permettre à leurs vis-à-vis de rattraper le niveau des dents voisines. En effet, les chevaux, comme les autres herbivores, présentent la particularité d’une «croissance dentaire continue». Il ne s’agit pas réellement d’une croissance dentaire mais plutôt d’une expulsion lente (±3mm par an) des dents avec comblement progressif des alvéoles. Les vieux animaux finissent donc par perdre leurs dents ce qui les conduit à la mort par inanition dans les conditions naturelles (phénomène bien connu chez les éléphants; à l’état sauvage les chevaux n’atteignent pas un âge suffisant).

Pour accéder aux molaires, la bouche est ouverte grâce à un pas-d’âne, dont il existe plusieurs modèles: à ressort (non réglable), ou spéculum dentaire à crémaillère. Curieusement, un cheval, même non sédaté, accepte généralement très bien cet appareil.

Après que les corrections et détartrage ont été effectués, Vanessa rince la bouche, libère le cheval de son pas-d’âne – qu’elle a pris soin de refermer plusieurs fois au cours de la séance afin de ne pas fatiguer l’articulation temporo-mandibulaire – et vérifie la fluidité des mouvements masticatoires latéraux.

Vermeil sort peu à peu de sa torpeur et essaie déjà de brouter: il cueille l’herbe sans problème mais la déglutition est encore inopérante et il recrache tout avant de recommencer. Il lui faudra environ une demi-heure pour réussir à manger de nouveau! Il ne sait pas encore que dans six mois il faudra recommencer, le temps d’obtenir des corrections stables. Après quoi les contrôles s’espaceront (en principe une fois par an, comme nous).

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CHANU Christiane
CHANU Christiane
Invité
7 mois il y a

Bonjour,
Je ne connaissais pas cette particularité pour les chevaux. C’est très instructif. Mais cela doit être traumatisant pour eux, bien que nécessaire.
Je leur souhaite beaucoup de courage.

Capt'tain Lurbe
Capt'tain Lurbe
Invité
7 mois il y a

Conclusion: lavez vous bien les dents.

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